• Pas de saut

     

    D’un instant à l’autre, le pinceau rejoue les épousailles de mes territoires. Je m’appuie sur chaque trait contigu, chaque ventre découvert, chaque épaule mise à nu.

     

                              J’accouple les traits d’un coup de brosse.

     

    Surtout ne laisser aucun espace béant, jeter des fils sur les abîmes jusqu’à en perdre l’équilibre.

     

    Pas de blanc solitaire. Un blanc cassé comme un effacement vers un futur impalpable.

     

    Sans à-coup, me glisser le long d’une couleur, m’étaler.

     

    Ne jamais cesser de me mouvoir ; rapetisser jusqu’à sentir l’ivresse.

     

    Sculpter mes propres gestes accordés à la voix du temps.

     

     

    Créer des espaces qui ne passent pas la langue, ne passent pas les lèvres.

     

                                                           Des mots qui descendent des doigts jusque dans les talons.